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Il y a deux ans disparaissait... Joseph (Abd-al-Hayy) KERSSEMAKERSS

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 Il y a deux ans disparaissait...

Joseph (Abd-al-Hayy) KERSSEMAKERS

En hommage à notre très cher et très regretté frère

Joseff Kerssemakers, connu de tous les bouquinistes de Brancion sous le diminutif de « Jeff » est né le 25/6/1941 et décédé entouré des siens le 8/8/2020, à l’âge de 79 ans (rahimahu’Llah !). C’est une famille d’artistes originaire de Nijmegen (Nimègue). C’était un homme vigoureux qui a survécu un an après de nombreuses crises cardiaques (parfois 10 arrêts du cœur par jour, ce qui est inouï) en avril 2019. Mais ne pouvant rester loin de ses chers livres, il reprit son travail de bouquiniste à Brancion, où il rencontrait et recevait toutes sortes d’amis, de curieux et de farfelus, avec lesquels il s’entretenait en différentes langues, car c’était une célébrité « cosmopolite » ; depuis, son absence se fait cruellement sentir : il trônait sur un vieux fauteuil, avec à côté son café et ses petits gâteaux, des caisses de bouquins apportés par des vendeurs occasionnels et souvent lisant quelque nouveau livre ou revue dont il me faisait partager l’intérêt, car sa culture était extrêmement étendue. Mais on était souvent dérangés par quelque maniaque bibliophile plus ou moins maladif, qu’il écoutait avec bienveillance, et dont il me faisait ensuite quelques commentaires malicieux (mais jamais malveillants) ; C’était un homme discret et son regard bleu lumineux n’incitait pas à la familiarité. C’est lui-même qui m’avait repéré en quittant la Grande Mosquée de Paris, dans les années 1995 ; Et quand j’allai pour la première fois à Brancion, je ne pus m’empêcher de luidemander s’il n’avait pas écrit autrefois dans la prestigieuse Revue « Etudes Traditionnelles », celle de Guénon . C’était bien lui, mais il avait commencé à y écrire (en excellent français) en 1967, recensant 2 ouvrages allemands , avant même son père (Anton ) qui écrivit dans le revue en 1969. Il faut croire qu’il était doué et autodidacte, malgré les reproches de son père qui le critiquait pour n’avoir pas réussi à l’université. Après tout, John-Gustav Ageli le peintre (Ivan Aguéli) avait bien quitté le Lycée avant d’avoir le bac, mais connaissant déjà 4 langues (anglais, allemand, finnois et russe), sans parler des 3 langues cousines : suédois, norvégienet danois, ce qui fait au total 7 langues ; il améliorera le français sur place, à Paris, à partir de 1890. Nous avons pu converser avec cet homme aussi bien en anglais, allemand, espagnol...etc, et attester que c’était un linguiste chevronné...

Nous parlions du père de Jeff Kerssemakers.

Si notre mémoire est bonne, il tenait une librairie à Nimègue (Nijmegen) et c’est grâce à lui que fut retrouvé sous des gravats le dernier exemplaire intact de l’ouvrage de L. Charbonneau-Lassay : Le Bestiaire du Christ, échappé à l’incendie de Bruges en 1943. Le présentateur de la nouvelle édition chez Albin Michel n’a cure de ce détail important ! La famille Kerssemakers a un titre de gloire connu des bibliophiles : le grand-père qui porte le même prénom (Anton ) raconte qu’en 1885, le grand peintre, alors peu connu ,Van GOGH ,vint dans son atelier de Heindhoven portant le fameux tableau « Paysage d’automne avec quatre arbres ». Ce tableau plut tellement à Anton Kerssemakers que, tout ému, van Gogh refusa qu’il le lui achète et lui en fit cadeau ! Cette anecdote nous fut confirmée par Jeff Kerssemakers lui-même.

Enfin pour clore le portrait de cet homme peu ordinaire (le père de Jeff ) , nous ajouterons qu’il se convertit à l’Islam, après son fils, ce qui est peu courant ! Il rendit de nombreux services à Michel Vâlsan en lui procurant des livres rares... Une fois nous demandâmes à Jeff K. ce que signifiait son nom en hollandais. Il accéda aimablement à notre demande et nous expliqua que c’était l’équivalent en allemand de « Kerzenmacher », c’est-à-dire , littéralement : « fabricant de cierges » ; c’était autrefois le métier des tenanciers de boutiques appelées « Procure du Clergé » , réduit de nos jours en « La Procure », dont il reste un vestige à Paris, place Saint-Sulpice et dans de nombreuses villes épiscopales en France (par exemple à Luçon - Vendée). Kerssemakers eut une vie aventureuse et parfois déroutante dont nous parlerons bientôt...


Jeff K. était un homme actif et plus « nomade » que sédentaire. Ainsi sans parler de plusieurs pèlerinages à la Mecque (dont il revint la dernière fois assez stressé par la pression de 3 millions de pèlerins), il vécut aux Baléares plusieurs années gagnant sa vie en tant que « sellier » ; il avait ainsi appris sur place le métier de maroquinier en même temps que l’espagnol (et sans doute aussi le catalan qui est la langue des autochtones). Avant, certains disent qu’il aurait vécu 5 ans à Kourou (Guyane), infirmation à vérifier ; Mais le plus intéressant est qu’il fut chargé par Cheykh Mustafa d’une mission en Italie, plus précisément à Naples. De quoi s‘agissait-il ? M. Vâlsan, comme Guénon, cherchait depuis longtemps à retrouver les documents rares et précieux qui avaient disparu après le décès d’Ivan Aguéli à L’Hospitalet (banlieue ouest de Barcelone – 1er oct 1917). M.Vâlsan, ancien diplomate, avait sans doute des adresses devant faciliter ces recherches, car Naples, à l’époque (dans les années 60) était le siège de la documentation des Affaires Etrangères italiennes. Or Aguéli n’avait pas que des tableaux dans son legs, mais aussi des documents « sensibles », concernant la politiques des alliés en 1914-18 et les Services secrets du Ministre Giolitti ,dont dépendait l’agent secret Enrico Insabato, associé d’Aguéli dans la revue italo-arabe : al-Nadi=il-Convito. Nous ne pouvons être plus précis ni être tout à fait sûr de ces informations inédites que nous transmit J. Kerssemakers. En tout cas, il avoua, déçu, que ses recherches n’avaient pas abouti. On ne peut s’empêcher de penser que Guénon aurait pu entreprendre ce genre de recherches beaucoup plus tôt ...Mais quels obstacles ont pu jouer ?... L’énigme reste entière...

On sait que Joseff K. a écrit très tôt dans la revue Etudes traditionnelles (de 1967 à 1977) et cessa d’y écrire à la suite de la démission de Charles-André Gilis en 1977. Et ensuite dans « Vers la Tradition », de 2002 presque jusqu’à la fin, avec l’article « La Grande Déesse pérenne », publié en hommage posthume par la Direction de la Revue en février 2021. Mais ce que l’on sait moins, et qu’il nous confia, c’est qu’il avait aussi un maison d’Edition à Londres, Alcazar Publishing Ltd, qu’il dirigeait sous le pseudonyme de Jean Karnak ! Il y publia notamment un opuscule de 38 pages sur le Français Jacques François MENOU, converti en 1798 avec d’autres compatriotes sous le nom d’ Abdallah, d’où le sous-titre : Trois Destinées islamiques d’officiers français : Abdallah Jacques Menou, Ahmed de Bonneval, Soliman Sève. Le « Moniteur Universel » de l’époque prétend même que Bonaparte s’était lui aussi converti ! ? Cette affirmation n’a jamais été confirmée...Idem pour l’initiation de Napoléon à la Maçonnerie...

Quand j’ai publié mon 2è article sur le Cheykh Aguéli, j’ai cité parmi les Français convertis l’officier Gervais-Courtellemont (1863-1931). Mais le général Menou m’était totalement inconnu ; Il y a depuis toujours une sorte de conspiration du silence sur les Français qui ont l’audace de changer de religion (à moins qu’il s ne s’agisse du Bouddhisme ; alors là, on devient une personnalité louée , appréciée pour la qualité de son choix : il n’y a qu’à voir la célébrité médiatique de Mathieu Ricard, fils de J-F Revel , devenu »lama » tibétain!). Tout
cela pour dire que nous regrettons de n’avoir pu citer ce général . Un autre cas de conversion « scandaleux » est celui du poète Arthur Rimbaud (1854-1891) : il est pourtant décédé en répétant : « Allahu Akbar ! » Ceci est soigneusement tu, même dans les lycées laïques – donc neutres en principe , mais la tolérance laïque ne va pas jusque là.. Comme nous disions ci-dessus, Joseff K. avait des projets d’édition ; Il y en a un qu’il n’a -
hélas – jamais pu réaliser (et qui n’est même pas connu de sa famille). Un jour que nous le visitions dans sa boutique/capharnaüm, rue Frot (siège du Dodécaèdre à l’époque) il nous confia que son père (Anton) avait laissé un petit recueil de notes, documents, photos inédits sur René Guénon ;il nous le montra discrètement. Il y avait là de quoi faire un véritable livre bien différent des hagiographies habituelles ; Le temps passa, J.Kerssemakers fut obligé de quitter sa caverne bibliophilique et je n’eus plus l’occasion de lui reparler de ce projet avorté ..Pourvu que tout ne soit pas perdu ni tombé en des mains profanes...

Ayant fréquenté régulièrement Joseff K. pendant près de 20 ans, nous avons découvert des aspects insolites de sa personnalité multiple. Ainsi , nous avions remarqué un auteur qu’il connaissait et estimait personnellement et dont il vendait fréquemment les ouvrages : Jean Raspail, décédé récemment (1925-2020) à un âge avancé ; il était connu pour ses opinions d’extrême droite mais aussi pour être un fervent partisan d’un prétendu « roi de Patagonie », et il décernait volontiers des diplômes et des titres honorifiques à ses adhérents. C’est ainsi que nous eûmes la surprise de découvrir un « diplôme » sous verre (brisé ) que nous montra discrètement et fièrement M. Kerssemakers, devenu non seulement membre mais, si notre mémoire est bonne, quelque chose comme Secrétaire du Consul de Patagonie (Jean Raspail) ; Ceci montre encore un aspect déroutant de la vie plutôt aventureuse de notre frère et ami dont nous ne savons pas tout !

On pourrait ajouter qu’il eut 3 mariages et 9 enfants qui lui causèrent, pour certains d’entre eux , quelques déboires. Nous découvrîmes tardivement que, non seulement, il connaissait et recevait beaucoup de monde au Marché aux livres d’occasion de Brancion, mais qu’il recevait aussi des jeunes gens, musulmans ou non, qui le visitaient chez lui à Brétigny, et apprenaient certainement beaucoup de lui...

Jusqu’ici, nous avons surtout privilégié l’aspect anecdotique de la vie active de notre frère et ami . Encore que l’ « épisode » napolitain soit bien autre chose qu’une aventure . Sur notre demande, il nous avait autorisé à en parler dans un de nos articles ; nous n’eûmes pas le temps de le faire . C’est maintenant chose faite, comme l’histoire du diplôme de supporter du « Roi » de Patagonie !

Mais il y a un aspect beaucoup plus important pour nous -comme pour lui – qui concerne sa vie privée et dont on ne peut parler que dans la mesure où il touche au côté « public » de son engagement dans l’islam. Expliquons -nous... Il entra très tôt en contact avec un Maître et savant roumain – peut-être par l’intermédiaire de son père Anton – dès 1965 ou 66. Ce fut l’époque de sa conversion à l’Islam, et comme nous l’avons déjà dit ci-dessus, son père le suivit dans cette voie, ce qui est insolite. Tous les deux eurent la confiance du Maître (Michel Vâlsan / cheykh Mustafa) à l’époque Rédacteur en Chef, qui les autorisa à écrire dans la prestigieuses Revue « Etudes Traditionnelles », le premier dès 1967, le second, en 1969. Or Michel Vâlsan était exigeant non seulement sur le fond mais aussi sur la forme (le respect de la langue française) . Son bureau à Antony était encombré de dictionnaires d’arabe et de français (notamment un « Dictionnaire analogique de la Langue française », qui avait attiré notre regard). N’oublions pas aussi, plus tard, quand la Revue cessa (1992) qu’il écrivit des articles pour la revue VLT (= Vers la Tradition), dirigée par Roland Goffin, et quelques articles sur le site al-simsima, où avec nous, il ne se gêna pas pour dénoncer l’imposture d’anciens « fidèles » de Guénon qui mutilèrent la publication et la traduction d’un ouvrage essentiel comme « Symboles Fondamentaux de la Sciences sacrée », édité à Londres par Martin Lings qui n’eut pas de scrupule à supprimer des chapitres et à en ajouter d’autres (grave faute omise – pourquoi ? – par M.Rezki dans son 3è volume sur Guénon, p.175). Pour notre part, nous dénonçâmes la publication en Allemagne du « Roi du Monde » (Der König der Welt) dans une version mutilée et erronée ( le traducteur rendait le terme « manifestation » par l’allemand « Offenbarung » ( !) qui n’a pas du tout le même sens (Offenbarung signifie : « Révélation » !). Il y avait déjà eu un précédent avec la traduction en 1950 par Martin Otto de la Crise du Monde moderne ( « Die Krisis der neuzeit ») où le traducteur, sans vergogne, avait supprimé des notes qu’il trouvait inutiles !!! Je l’avais signalé à Michel Vâlsan qui s’était exclamé : « A cette époque , c’était moi qui était le mandataire de Guénon ; cette traduction a été faite sans mon autorisation. Il faudra que je voie ça. » Nous supposons qu’il y avait là déjà les intrigues de quelque Maridort( ?) !


L’aspect privé auquel nous faisions allusion supra concerne les liens de Sidi ‘abdel-Hayy (donnons lui enfin son nom) avec la Voie, indépendante de son Maître Frithjof Schuon depuis novembre 1950 : c’est la Tariqa shadhiliya qu’on pourrait définir comme « shadhiliya-vâlsaniya » pour bien la distinguer de la Tariqa « maryamiya », celle de son Maître. Nous savons par des disciples de Cheykh Mustafa qu’il refusa d’être appelé « Cheykh » jusque vers 1955, or il avait déjà 48 ans ; ce n’est que plus tard (vers 1964) qu’il introduisit et institua les rites du Maqâm de Sidi Belhassan (Tunis) ; et quand on lui demanda comment devaient s’appeler les membres de sa Zawiya, il répondit : « Dites que vous êtes shadhilis », ; c’est qu’entretemps le Cheykh après avoir reçu le rattachement « allawy » avait pris la « bay’a » shadhiliya à Tunis (rite d’allégeance qui est une autre appellations du rattachement appelé – entre autres – « ‘ahad » ; car il y a bien d’autres termes en arabe pour désigner discrètement la même chose).

 

La discipline fut rigoureuse avec des rites surérogatoires réguliers et inconnus des membres du groupe suisse restés fidèles à Cheykh ‘Aïssa (= F. Schuon), et fondés sur des traditions purement islamiques à forte coloration « akbarienne », ce qui n’était pas le cas à Lausanne. Alors la plupart des aspirants qui voulaient une véritable pratique initiatique se dirigèrent vers Cheykh Mustafa fuyant un laxisme (qui, sous prétexte d’accommodement avec les difficultés modernes) qui ne menait qu’ à un vague traditionnalisme. On parla même plus tard de « Perennialisme » pour qualifier la doctrine de Schuon, lequel, contrairement à CH.Mustafa, s’éloignait de plus en plus de la Perspective traditionnelle tracée par Guénon à la suite de son précurseur suédois Cheykh ‘abdul-Hédi ‘Uqayly al -Maghriby (= le peintre Ivan Aguéli). Nous disions que la discipline était rigoureuse et on accusa le Cheykh de vouloir « tuer » ses disciples ! En fait, cette apparente sévérité faisait le tri ipso facto entre ceux qui étaient qualifiés et ceux qui ne l’étaient pas : distinction essentielle, bien oubliée non seulement à Lausanne mais dans beaucoup de zawiya islamiques actuelles, où l’on accepte à peu près n’importe qui sur le seul critère de la piété, qualité exotérique insuffisante ; Même F.Schuon, pourtant très tolérant, se plaignait dès 1950-60 de la dégénérescence des turuq arabes à cause du manque de discernement dans l’acceptation de « volontaires » qui recherchaient en fait seulement une communauté-refuge, voire un groupe exploitable ou un monde de « copains » où tout le monde proteste de l’amour fraternel, exemptant ses membres de la recherche, de l’étude et de l’effort personnel (« ‘amal ») sans lesquels rien ne se fait de sérieux.. Ou alors qu’on ne parle plus de zawiya, de tariqa ni d’initiation encore moins d’ « Esotérisme »... Ceux qui ont tourné le dos à Guénon, à M.Vâlsan et à toute orientation traditionnelle ont tous dégénéré ; l’ex-disciple de F.S. Jean Borella, traita même dédaigneusement son ex-Maître de « penseur suisse » et Ch.-A Gilis régla la question en écrivant que son oeuvre, après 1980, s’adressait surtout aux anglo-saxons peu exigeants sur la Métaphysique et les devoir rituels : depuis longtemps, de braves Américains se disent « soufis » près voir lu un manuel de vulgarisation du « Soufisme », et quand on leur demande s’ils connaissent l’arabe , ils ont l’air très étonnés, et s’il pratiquent la religion, il s vous rient au nez : ce sont des « soufis » modernes sans rites, ni religions et sans aucun lien avec le monde arabo-isamique !!! Et qu’on ne leur parle pas de Guénon ..On est en plein « New Age » !

Comme bien d’autres membres de la Zawiya d’Antony, après la disparition du Cheykh Murshid ( 25/11/1974) la carrière des uns et des autres subit des contrecoups, et il se forma dans la douleur 3 zawiyas concurrentes : celle de la tribu Roty, celle de la rue Céline et à partir de 1976, celle de Vanves, qui revendiqua pour elle la seule légitimité ; que fit Sidi ‘abdel-Hayy ? , il opta pour celle de Vanves, et pendant 20 ans il subit, - comme le dit malicieusement un certain C.G dans la revue « La Règle d’Abraham » - la férule dont les victimes réchappèrent , « non sans en avoir subi quelque dommage »(sic) ! Certains rescapés essayèrent de fonder une nouvelles zawiya (guénonienne et vâlsanienne) à Vanves ; elle se trouve maintenant près d’ Arpajon. Ensuite, notre frère rejoignit la zawiya dissidente fondée par sidi AAR, « parallèle » à celle d’Antony, reprise par le propre fils de Cheykh Mustafa. Cette communauté décidément mouvementée décida de quitter Antony pour s’installer en Bourgogne dans un manoir situé dans un magnifique parc.. Mais le décorum est trompeur et la mésentente s’installa de nouveau entre ses membres et le nouveau « Cheykh » ; si bien que Sidi ‘Abdel-Hayy revint vers sidi AAR, jusqu’à ce qu’une nouvelle fitna (2006) le ramène vers nous, c’est-à-dire à Antony. Pendant ce temps, la zawiya de Bourgogne éclata (2007). Ainsi, sidi ‘abdel-Hayy resta jusqu’à la fin « chez nous » où l’ambiance était enfin fraternelle et orthodoxe ; car il y eut, hélas, des frères qui se laissèrent berner (pendant un temps) par une pseudo-cheykha tunisienne, anti-guénonienne et - bien sûr - anti-vâlsanienne... L’ambiance et le for intérieur des uns et des autres ne nous regarde pas et il y eut assez de rumeurs malveillantes pour que nous n’ajoutions pas notre grain de sel !

Il y avait un sujet que je n’avais pas osé aborder avec cheykh Mustafa et qui pourtant me passionnait, c’était l’énigme de Rennes-le-Chateau, à laquelle le journaliste occultiste Gérard de Sède (1921-2004) donna un ampleur disproportionnée, grâce à la complicité d’un illuminé pseudo-ésotériste du nom de Pierre Plantard... Après sa mort, de Sède ne se priva pas de dénoncer les inventions ou les supercheries de son père, « journaliste accompli » dans le domaine de l’imagination et de la médiatisation !!! Je trouvais que pour un Maître comme Michel Vâlsan, c’était un affaire vulgaire et subalterne et qu’en effet, il y avait des sujets plus sérieux à aborder ; Mais je me trompais, et c’est grâce à Jeff Kerssemakers que j’appris à ma grande surprise que le Cheykh était bien au courant de cette affaire qu’il voyait comme un foyer d’infection anti- voire contre-traditionnelle. Déjà le lieu attirait beaucoup trop de chercheurs de trésors, avides d’or comme Robert Charroux, ce qui n’est pas le signe d’une haute vocation spirituelle, mais aussi que beaucoup de gens revenaient de leur « pélerinage » à demi-fous ou, au moins, très mal impressionnés après avoir truffé de trous le pauvre village (inconnu avant eux) de Rennes. Le maire dut prendre un arrêté pour interrompre ces recherches d’illuminés, manipulés et eux aussi plus ou moins envoûtés. La chose est bien connue et nous n’allons pas reprendre toute l’histoire de cette imposture suspecte, voire satanique qui continue à faire des dupes et des déséquilibrés. Alors pourquoi en parler ? Parce qu’un »disciple » (nous hésitons à lui donner ce nom), appelé Jean ROBIN (dont nous avons fait un compte rendu énergique sur internet de son « France – Royaume du Graal ») guénonien à ses débuts, s’était laissé entraîner dans cette aventure, suite à des contacts imprudents avec des personnages impliqués directement dans la « folie » ambiante de Rennes-le-Chateau. C’était au point que le Cheykh lui proposa de le faire « désenvoûter ». Mais l’emprise était trop forte et le désenvouteur ne put rien faire...Et l’individu ne tint aucun compte des avertissements de Michel Vâlsan ; Pire : il réédita son 1er livre qui avait de grandes qualités, avec une préface scandaleuse et injurieuse pour celui qu’il appelait un Maître jusqu’en 1978 (date de la 1ère édition de « René Guénon, témoin de la Tradition », montrant son vrai visage... Cette affaire aurait pu en rester là si M. ROBIN à la plume assez déliée n’avait commis un ouvrage au titre expressif : « Rennes -le-Château / la colline envoûtée »- chez Guy Trédaniel ; 1982/1992 ) ; Pour ceux qui savent lire, il y avait là une belle allusion à son cas personnel ! Mais le plus comique – si l’on peut dire – c’est que ce dupe mit en garde ses amis contre les sortilèges du lieu, sans grand résultat (p.13-14). Ceci montre l’étendue de l’information de Michel Vâlsan et la source des connaissances de Jeff Kerssemakers...


NB Le seul livre à peu près sensé sur l’affaire est celui d’un certain Daffos. A manier avec précaution.

J.K. n’écrivait pas que des articles ou CR critiques ; pour les amis, il distribuait discrètement des « tirés à part » ; Et comme nous étions devenus au bout de 20 ans un de ses confidents, nous avons bénéficié de ses avis, par exemple contre la critique de Gilis envers Mme Claude Addas (« La Maison muhammadienne »- Gallimard, 2015). Mais le plus intéressant a trait à un personnage mystérieux, discret et qui fuyait la publicité et le monde occidental ; Il s’agit du dénommé Jean Emmanuelli. J’en entendis parler il y a plus de 40 ans par M.Gilis lui-même, pourtant avare de confidences secrètes. Il m’avait dit à peu près : « voilà un homme qui, après avoir rencontré CH.M. a décidé de partir aux Indes, n’ayant guère d’affinités pour l’Islam, et cherchant des possibilités d’initiation du côté de l’Hindouisme malgré les réticences de M.V. Comme il n’était pas riche, il dut même vendre son violon ; CH.M. lui fit promettre de revenir le voir à son retour des Indes, intéressé et peut-être un peu inquiet de cette aventure initiatique... Cet homme aurait bénéficié pour son évolution « guénonienne » de l’aide du Dr C. Allix, cité dans le Bulletin n° 11 de M. Gilis (« le Turban noir ») et aussi par les Editions L. Tarente, à l’occasion de la présentation de son 2è et dernier ouvrage : HAYAGRIVA, dont on nous a dit qu’il avait été co-écrit par M.Allix ( ?) . La chose étant devenue publique, nous ne voyons pas pourquoi nous ne parlerions pas de cette affaire que l’on nous cacha soigneusement, jusqu’à ce qu J.K. nous révèle certains obstacles inattendus surgis en travers de la démarche initiatique de Sumangal Prakash (son nom initiatique dans le tantrisme). Ainsi, bien des « frères » étaient au courant : J.Kerssemakers, M.Allix., M.Servan, le Dr F.G....Pourquoi tant de mystère, sinon parce qu’il y avait une certaine gêne et surtout certaines gaffes et maladresses qui provoquèrent la rupture entre ce groupe d’ « amis » et l’Initié au tantrisme qui refusa désormais de répondre aux lettres ! M.Gilis ne se priva pas d’évoquer, indiscrètement, son cas dans « l’Héritage de M.Vâlsan », p.45 – « La petite fille de 9 ans »,p.25,29, 55. - « Tawhid et Ikhlas », p.123 et 195 – « René Guénon, 1907- 1961 »...


Emmanuelli a affirmé qu’il était dépositaire d’un RITE qui aurait fait régner la Paix dans toute la région où il vivait en France. Avant de mourir, il devait transmettre son Rite, sinon c’eût été l’extinction d’une lignée initiatique tantrique praticable en Occident ; Mais certains ont nié cette possibilité : au contraire, son Maître aurait interdit de transmettre l’initiation à des occidentaux (propos recueillis le 21/12/2015, l’année où il décéda.) Il aurait été brûlé dans l’incendie « spontané »( ?) de sa maison et resté 3 mois dans le coma ;..Il reste que ses 2 ouvrages publiés par Arché Milano en 1983 et 2010 sont les seuls sérieux parus en Occident (et ignorés par le pseudo-initié Alain Daniélou, qui confondait érudition et initiation, et ne faisait pas grand cas de ce qu’il avait reçu aux Indes) ; Cet épisode inspira C.A. Gilis qui en fit la thèse inattendue dans son dernier livre d’un Guénon «tantriste » ( ?) avant d’être musulman ; Sidi A el-Hayy riposta par un tiré à part assez vigoureux que nous publierons peut-être un jour en annexe de notre biographie ...in sha’aLlah !

Wa Llahu a’lam !

RAHIMA-HU ‘LLAH !


Jean ‘abdel-Haqq Foucaud

 

PS : Monsieur Kerssemakers fit aussi partie de la nouvelle « Fondation René GUENON », fondée au Caire en 2015 par le fils cadet de René Guénon, abdel-Wahed, entouré de toutes sortes de gens, les uns sincères , les autres arrivistes ou noyauteurs dont le premier était l’inévitable JP Laurant, que l’on retrouve partout dans les milieux « guénoniens » *, cherchant à y gagner une respectabilité, et bien installé depuis des années à l’E.P.H.E/ section Sciences religieuses, qui décerne aimablement des diplômes à tous ceux qui font preuve de bonne volonté ou qui peuvent être utiles médiatiquement ! il y avait entre autres :

-AW Guénon(1951-..)
-JP Laurant(1936-...), archiviste -Abder-Rauf G. (1942-..)
-S.Rezki (1962-)
-Brach, patron de thèse de Ringgenberg (auteur d’un livre inepte sur Guénon et Schuon)
-M.Rouge
-Adnan G.
Enfin , 2 guénoniens qui ne furent pas dupes longtemps et quittèrent la « Fondation » après un clash mémorable entre Brecq et Laurant...
Ce petit groupe se réunissait en divers villes de banlieue ou à l’étranger, peut-être pour échapper aux curieux ( ?), par exemple à Dugny , d’accès difficile vu l’éloignement...etc... *Heureusement que Cheykh Mustafa m’avait déjà mis en garde, dès 1973, contre les prétendus « guénoniens » !

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