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Sheikh M. Tâdilî – Un poème sur la Shahâda (traduit par Roger Maridort)

 

QAÇÎDAH

 

Le Soleil du Témoignage s’est levé, étincelant.

Il a illuminé l’Existence.

« Lâ ilâha illâ Allah »

a dissipé le nuage de la négation.

 

Pour le désir, pour le désir ardent,

au jour de la Rencontre, dans la Maison du Bonheur,

la meilleure provision que tu puisses emporter

c’est : « Lâ ilâha illâ Allah ».

 

J’ai vendu ma maison natale pour de l’argent.

Au prix de ma vie précieuse,

j'ai acheté la Maison Eternelle :

« Lâ ilâha illâ Allah » !

 

Il y a bien longtemps, je m’étais égaré

dans les déserts.

Ils remplaçaient ma famille au fond

de mon cœur pendant que des voix criaient :

« Lâ ilâha illâ Allah ».

 

Mon ravissement et mon approche me soulevaient,

comme mon isolement parmi les sables

et la disparition de moi-même

dans l’anéantissement de « Lâ ilâha illâ Allah ».

 

Plein d’impatience, à cause de mon jeune âge

et du désir passionné, j’étais attiré

vers ces mots : « Lâ ilâha illâ Allah ».

 

Quel état — ah ! si tu savais ! —

a habité entre mes poumons et ma clavicule,

parmi mes plus beaux chants : « Lâ ilâha illâ Allah ».

 

La meilleure œuvre dans la Servitude,

le dhikr du serviteur, sans plus,

après mes obligations et ma part de bonheur

dans la vie, c’est : « Lâ ilâha illâ Allah ».

 

La grande cour de tous les goûts,

la disparition dans la Présence d’Allah,

la satisfaction de Celui qu’on aime,

par Allah, c’est : « Lâ ilâha illâ Allah » !

 

Le possesseur des grandes connaissances,

on ne le laisse jamais tranquille,

mais il lui vient un serviteur qui l’aime.

Ce qui fait trouver la Présence, c’est la durée de « Lâ ilâha illâ Allah ».

 

Ma sorcellerie et ma guérison,

la sécurité et l’ascension,

mon médecin et mon remède,

c’est : « Lâ ilâha illâ Allah ».

 

L’arrivée des grandes connaissances,

le revenu de tous les dons,

l’argument de toutes les opinions,

c’est : « Lâ ilâha illâ Allah ».

 

Pendant longtemps, patiemment,

j’ai caché mon amour au fond de mon cœur,

puis je me suis découvert, et au grand jour

j’ai étreint : « Lâ ilâha illâ Allah ».

 

L’Extérieur de l’Etre fleurit de toutes les beautés.

Son collier est fait de perles et de pierres précieuses.

Mais la Lumière qui éclaire toutes les parures

c’est « Lâ ilâha illâ Allah ».

 

Toute chose dans l’Existence

est le théâtre de l’Œil de la Contemplation

de l’Unité disant au Seigneur Vénéré :

« Lâ ilâha illâ Allah ».

 

Puissé-je, en même temps que les montagnes,

que les herbes, les sables et les oiseaux,

réciter toujours : « Lâ ilâha illâ Allah » !

 

« Lâ ilâha illâ Allah »

a mélangé ma chair et mes os.

Son amour a construit sa demeure

dans mon cœur ; il a possédé mon esprit

et mon corps.

 

C'est par Sa Lumière que nous avons été

guidés ; par Elle que nous nous sommes réfugiés auprès de la Vérité.

Avec passion nous avons aimé :

« Lâ ilâha illâ Allah. »

 

Par son amour je suis devenu

un monde portant son drapeau

que viennent frapper comme le vent

les appels de « Lâ ilâha illâ Allah » !

 

L’Hôte du Bonheur est à vos côtés ;

il descend sur vous, ô mes échansons ;

sa provision, c’est le désir de votre amour :

« Lâ ilâha illâ Allah » !

 

L’œil de la lumière de l’œil,

les jardins aux arbres ramifiés,

mon jardin dans l’Eternité,

c’est : « Lâ ilâha illâ Allah ».

 

Dans mon ardeur jalouse pour l’atteindre,

en courant parmi les villes des hommes,

jaillit comme un éclair imprévisible :

« Lâ ilâha illâ Allah ».

 

Mon ascension et ma pénétration,

c’est son invocation dans tous les états ;

les dons de tous mes trésors

c’est : « Lâ ilâha illâ Allah ».

 

La fraîcheur de l’œil du cœur,

mon soutien au jour des questions,

sa compagnie est pour moi la meilleure

des provisions : « Lâ ilâha illâ Allah ».

 

Son Secret très élevé et très éclatant

ne grandit pas sur tous les promontoires.

Comment la Lumière de Sa Clarté

peut-elle être cachée ?

« Lâ ilâha illâ Allah ».

 

Son Soleil est l’œil de l’Existence.

déjà, Il est apparu dans le blanc et dans le noir.

« Lâ ilâha illâ Allah » est la Lumière

éclairant le vêtement de toutes choses !

 

La Shahâdah est une Vérité et une Lumière.

C’est avec elle qu’il est venu, l’Annonciateur

de bonne nouvelle. Il a invité la Création

toute entière à dire avec lui : « Lâ ilâha illâ Allah

 

L’abreuvoir où je bois son eau dans le jardin,

l’objet du désir des 7 versets (1), dans

mon esprit et sur ma langue, c’est :

«Lâ ilâha illâ Allah».

 

Tu ne verras rien en dehors de la Shahâdah,

car toute chose tient son drapeau ;

Tout être réclame le parfum d’ambre

de : « Lâ ilâha illâ Allah ».

 

O peuple de mon amour, excusez-moi.

Vous êtes des gens dignes de respect.

La fraîcheur de l’œil des yeux

c’est : « Lâ ilâha illâ Allah ».

 

O mon Dieu, je me réfugie auprès de Toi

avec ma pauvreté et mon respect.

Me voici présent devant Toi,

sous la .bannière de :

« Lâ ilâha illâ Allah ».

 

(1) Les sept versets de la surat el-Fâtiha.

 

[« La Vie traditionnelle c'est la Sincérité » (Ad-Dînun-Naçîhah), Editions Traditionnelles 1971, pages 49-53).]

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