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Frithjof Schuon et Adrian Paterson (au centre) au chevet de René Guénon, malade . Durant plus de six mois, René Guénon fut immobilisé au lit suite à une étrange crise de rhumatismes . René Guénon confessa que cette maladie était due aux "forces maléfiques "dirigées contre lui par ses adversaires.

Frithjof Schuon et Adrian Paterson (au centre) au chevet de René Guénon, malade . Durant plus de six mois, René Guénon fut immobilisé au lit suite à une étrange crise de rhumatismes . René Guénon confessa que cette maladie était due aux "forces maléfiques "dirigées contre lui par ses adversaires.

[…] Il n'est peut-être pas sans rapport avec notre question que Dante place Jules César dans le premier cercle de l’Enfer avec, entre autres, des personnages aussi différents qu’Hector, le Brutus qui chassa les Tarquins, Saladin, Héraclite et Averrhoès ; au fond, nous avons ici un des passages de la Divine Comédie, qu’il s’agit de transposer ailleurs pour leur donner leur vraie situation, et qui n’est placé ainsi que pour les mêmes raisons qui ont forcé l’auteur de cacher tant d’autres choses, car il est évident que nous sommes devant une reconnaissance, quelque voilée qu’elle soit, de l’unité des traditions (2).

 

(2) Il y a d’autres personnages, tels Muhammad, Ali et l’Empereur Frédéric II, que Dante met dans l'Enfer, mais qui, étant donnés les rapports étroits entre l’Islam et le poète florentin (voir René Guénon, L'Esotérisme de Dante, pp. 46-56), rend la situation des deux premiers assez énigmatique : quant à Frédéric II, ailleurs, dans son De Vulqari Eloquentia, 1, 12, Dante l’appelle « héros illustre » et puisqu’il est fort probable que c’est précisément cet empereur qui fut l’ancêtre spirituel des « Fidèles d'Amour » dont on sait que Dante était membre, il est évident que lui non plus n’appartient pas à l’Enfer. Pour Muhammad et Ali, Aroux (voir son Dante Hérétique, Révolutionnaire et Socialiste, Editions Niclaus, Paris, 1939, pp. 147-148), sans très bien comprendre la portée de ce qu’il avait découvert, a prouvé d’une façon assez concluante que c’est vraiment Robert Guiscart, roi de Naples, et son fils Jean, qui sont masqués sous les noms du Prophète de l’Islam et de son quatrième successeur. La question de Frédéric est plus difficile à résoudre, mais il est bien possible qu’il soit lui-même ailleurs dans le poème, caché sous un autre nom, car il y a beaucoup de personnages qu’on n’a jamais pu identifier. Nous avons cité ces deux exemples pour montrer combien Dante est difficile et pour appuyer ce que nous supposons quant à la transposition du passage entier à un autre endroit, vraisemblablement au Paradis.

 

[Adrian Paterson Divus Julius Caesar, Études Traditionnelles n°246, juin 1940, page 247.]

Tag(s) : #Adrian Paterson