Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Abd al-Karim Al-Jîlî – L'Homme Universel (Fragment)

Les Brahmanes (al-Barâhima) adorent Allâh d’une façon absolue, non pas d’après quelque prophète ou envoyé divin. Ou plutôt ils professent qu’il n’y a rien qui ne soit créature d’Allâh dans l’existence, mais ils refusent d’une façon absolue d’admettre les prophètes et les envoyés (comme devant apporter quelque chose qui ne se trouve pas déjà dans l’homme). Leur culte de la vérité est une espèce d’adoration comparable à celle des « envoyés divins » (rusul) avant que ceux-ci ne soient chargés de leur mission (qabl al-irsâl) (c’est-à-dire selon une conception de totale universalité et autonomie de l’être). 

Les Brahmanes prétendent être les enfants d’Abraham ; ils disent aussi qu’ils détiennent de lui un livre rédigé pour eux de sa propre part ; ils ne disent pas qu’Abraham l’ait apporté de la part de son Seigneur. Ce livre contient des vérités fondamentales (al-Haqa’iq) et comporte 5 parties : 4 dont la lecture est accessible à chacun et une 5ème, qui n’est accessible qu’à de rares cas parmi eux, en raison de sa profondeur. Or c’est une chose connue que celui qui lit cette 5e partie de leur écriture, nécessairement arrive à l’Islam et entre dans la religion de Muhammad. Cette catégorie d’hommes se trouve surtout dans les pays du Hind (29). Mais il y en a d’autres qui empruntent les apparences de ces derniers et prétendent être eux-aussi des Brahmanes, alors qu’ils ne le sont pas en réalité ; ce sont ceux qu’on connaît comme adorateur des idoles.

(29) A l’époque d’Abdu-l-Karim Al-Jîlî (14e et 15e siècles) l’Islam occupait les parties nord-occidentales de l’Inde appelées Sind ; l’expression du texte bilâd al-Hind, « les pays du Hind », désigne alors les parties sudiques et orientales, non soumises à la domination islamique.

[Abd al-Karim Al-Jîlî, Al-Insân al-Kâmil (L’Homme Universel), chap.63, traduit par Michel Valsan dans son article 
Complémentarité des formes traditionnelles, publié dans E.T. 1964 et aussi dans L’Islam et la Fonction de René Guénon, p. 127]

Tag(s) : #Michel Vâlsan